Environnement 2012

Supplément thématique annuel du journal Constructo centré sur les enjeux que pose l'environnement dans l'industrie de la construction, notamment à l'égard des pratiques touchant la récupération et le recyclage des débris de construction et de démolition ainsi que de la réhabilitation des sites.

 

Coup de barre résiduel

Le secteur CRD (construction, rénovation et démolition) s’est bien tiré d’affaires lors de l’application de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles 1998-2008. Très bien même quand on sait qu’il a atteint l’objectif de récupération de 60 % dès 2002 et qu’au final, en 2008, il est arrivé premier de classe avec un taux de 74 %.
Une performance ne pouvant qu’être applaudie, certes, mais qui laissait encore place à l’amélioration. Surtout que le béton, les enrobés bitumineux et la pierre comptaient à eux seuls pour plus des trois quarts des débris CRD détournés de l’enfouissement au Québec, laissant donc le milieu du bâtiment à la traîne sur le plan de la récupération des matières résiduelles.
Il restait un coup de barre à donner. Et il viendra à l’évidence de l’application de la nouvelle Politique québécoise de gestion des matières résiduelles et de son plan d’action 2011-2015. Plus particulièrement en introduisant l’interdiction d’éliminer le carton dès l’an prochain et aussi le bois, à compter de 2014. De même qu’en amenant le secteur du bâtiment à diriger 70 % de ses résidus CRD vers les infrastructures de triage.
Le bannissement des résidus de bois de l’élimination devrait grandement contribuer à l’atteinte de cet objectif. Pourquoi ? Eh bien, parce qu’il s’agit d’une matière générée à fort volume, de surcroît sur à peu près tous les chantiers au Québec, et que sa redirection vers les centres de tri aura un effet d’entraînement sur d’autres matières qui se seraient autrement retrouvées à l’enfouissement.
C’est que dans un mode de gestion pêle-mêle, plus particulièrement, d’autres matières se retrouveront ainsi dans un même conteneur que le bois. Une fois au centre de tri, celles ayant une valeur économique, comme le métal pour ne citer que cet exemple, seront forcément récupérées en vue de leur valorisation.
L’industrie des matières résiduelles devra évidemment être en mesure d’accueillir et de traiter un surcroît de débris en provenance des chantiers de construction. Et je n’ai aucun doute sur sa capacité d’y arriver, d’autant plus qu’elle peut bénéficier du soutien de Recyc-Québec pour optimiser l’efficacité de ses technologies et ses pratiques de récupération et de recyclage. Sans compter les efforts qui sont notamment déployés par le 3RMCDQ pour ouvrir ou élargir les filières d’écoulement pour les matières.
Le secteur CRD a fait de grandes avancées ces dernières années. Aujourd’hui, la table est mise pour qu’il porte sa performance de récupération à un niveau supérieur. Au plus grand bénéfice de toute la société, car en plus d’éviter le gaspillage des ressources et de protéger l’environnement, la mise en valeur des débris déviés de l’enfouissement est aussi une importante source d’activité économique. De savoir qu’une tonne de matières résiduelles récupérées génère 10 fois plus d’emplois qu’une tonne enfouie suffit vite à s’en convaincre.

Anik Girard
Directrice générale et éditrice

SOMMAIRE

Billet
Coup de barre résiduel

Jouer la carte carboneutre
Une première : la certification carboneutre CSA du Cégep de Sherbrooke.

Passer en mode écoquartiers
Leboeuf Société immobilière réalisera de front trois écoquartiers à Québec.

Favoriser le verdissement des toitures
Regard sur l’an 2 du projet Culti-Vert déployé sur le toit du Palais des congrès de Montréal.

Une déconstruction sélective gagnante
Retour sur un projet-pilote qui se pose désormais comme un modèle à suivre pour la Ville de Montréal.

Faire d’un résidu une matière durable
Le verre mixte pourra désormais être recyclé en un ajout cimentaire durable.

Devenir un as du recyclage
Les entrepreneurs ont tout intérêt à savoir comment détourner de l’enfouissement les rebuts de chantier.

Une solution pour gérer les eaux de ruissellement
Une nouvelle solution permettant de gérer le ruissellement des eaux sans aménager de bassins de rétention.

De nouveaux défis pour Éco-Peinture
Une nouvelle réglementation amène Éco-Peinture à élargir son mandat.

Un nouvel abat-poussière fait son chemin
Coup d’oeil sur un abat-poussière offrant notamment un bénéfice environnemental.

Édition : Octobre 2012
Directrice générale et éditrice : Anik Girard
Rédaction : Rénald Fortier, Marie Gagnon, Jean Garon, Benoit Poirier
Correctrice : Monique Lalonde
Conception graphique et responsable de la production : René-Claude Senécal
Photographe : Louise Leblanc

Abonnement

Pour s’abonner : 514 856-6600 ou 1 866 669-7326 ou Constructo.ca

 

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